DYS-orthographie, à l'apprentissage de l'orthographe
DYS-phasie, au langage.
La dysphasie pose de réelles difficultés de diagnotic. Voici ce que les chercheurs proposent.
Identification par exclusion
Soit radicale avec BENTON (1964) ou mitigée avec BISHOP (1992).
BENTON : déficit grave et durable de la production langagière en l'absence de surdité, déficience mentale, troubles neuro-moteurs, autisme ou privation sociale aiguë.
BISHOP : échec du développement normal du langage qui ne peut être expliqué en termes de déficience mentale ou physique, de déficience auditive, de troubles émotionnels ou privation de l'entourage.
Identification par l'évolution
LAUNAY (1972) et VAN HOUT (1989)
Avec la définition par exclusion, beaucoup d'enfants sont concernés (Retard de langage jusqu'à l'aphasie congénitale). Tous ces enfants sont concernés par la définition par exclusion, mais tous ne sont pas dysphasiques. Ce qui implique une rééducation différente avec d'autres attentes. L'étiologie peut être la même (génétique, chromosome 7 altéré) mais les interventions et les thérapies sont différentes.
La définition par évolution détermine le concept de la normalisation sociale du langage : on attend à un tel âge une production langagière spécifique. Or, certains enfants présentent moins de vocabulaire sans ce que l'on se rende compte ou expriment certaines phrases que l'on ne comprend pas sans pour autant se dire que l'origine de ces manques relèvent d'un problème de langage.
Des enfants présentent des différences par rapport à la normalité dans leur vocabulaire, la grammaire et la syntaxe, mais on ne s'en rend pas compte dans la vie sociale. En effet, l'usage et la parole sont corrects et leur langage est suffisant socialement mais insuffisant pour les apprentissages.
Pour d'autres enfants, la normalisation sociale n'est pas atteinte et le langage est alors identifié comme anormal. Il est impératif de faire la différence entre les troubles graves et moins graves au vu du constat que le retard s'amenuise avec le temps au contraire de certains enfants chez qui le déficit de langage persiste malgré une prise en charge.
Cette définition par l'évolution permet de déterminer les cas sévères de dysphasies mais n'est pas aisé a appliquer dans des cas plus légers ou pour les enfants qui disposent d'une bonne intelligence. Elle ne permet pas d'identifier le problème avant 5-6 ans. Le langage étant considéré comme acquis à 4 ans.
Identification par la spécificité des symptômes
CLASHEN (1989) et DELTOUR (1992)
Cette définition intègre le concept de marqueurs de dysphasie : troubles spécifiques.
Dans ce cadre, on compare le langage spontané d'un enfant "normal" à celui d'un enfant posant problème. On distingue le fond de la forme du langage. Chez un enfant présentant un retard, le langage apparaîtra comme faible mais normal. Chez l'enfant dysphasique, le langage est "bizarre". Par exemple, le contenu peut être complexe et la forme très faible. Tous les éléments du langage : lexique, grammaire, phonologique, syntaxe, pragmatique sont à des niveaux différents.
Les marqueurs de dysphasies : leur présence dépend du type de dysphasie et ils ne sont pas tous présents en même temps.
dissociation automotico-volontaire anormale : normalement ce qui est volontaire est plus performant que l'automatique. La répétition favorise l'automatique. La dissociation automotico-volontaire est anormale quand l'enfant est incapable de reproduire même par automatisme.
trouble de l'informativité : l'enfant comprend les mots mais ne comprend pas bien l'intention du message. De même que l'on comprend ses mots mais pas ses intentions.
trouble " vrai " de l'encodage : l'enfant présente plus de lexique que de syntaxe. Une phrase longue (+ de 4 mots) lui pose problème.
Ces trois marqueurs sont admis comme des indicateurs relevant un problème autre qu'un retard de langage.
trouble de l'évocation lexicale : tout le monde connaît des difficultés d'évocation lexicale. "Avoir le mot sur le bout de la langue " Mais quand est-ce un trouble ? Très difficile à déterminer. Certains outils peuvent être utilisés : les inductions ( Induction phonologique par la première syllabe; Induction sémantique -une phrase finissant par le mot, la définition du mot-).
hypospontanéité : généralement, on attend d'un enfant qu'il imite spontanément les sons. Il est difficile de quantifier ce marqueur. Comment intégrer la timidité ou l'introversion d'une personnalité par rapport à un réel problème ?
troubles de la compréhension verbale non liés au lexique ou à la mémoire : trouble semblable à celui de l'informativité.
Les Américains rajoutent des critères :
dysharmonies entre les différents aspects du langage : lexical, phonologique, syntaxique, sémantique, pragmatique.
hétérogénéité lexicale : le langage manifeste la présence de lexique acquis récemment et l'absence d'un vocabulaire de base. Exemple : connaît les noms des Pokemons sans connaître les parties du corps.
différence entre le QI performance et niveau de langage. Ce critère technique est le seul reconnu officiellement aux USA pour établir un diagnostic de SLI (Specific Language Impairement).
troubles associés non liés à un déficit mental : instrumentaux, perceptifs, attention et comportement.